Publié le : 05/06/2026
Mis à jour le : 09/07/2026
Durée d’amortissement d’une borne de recharge : en combien de temps rentabiliser votre installation ?

Une borne de recharge représente un investissement significatif pour toute entreprise qui électrifie sa flotte ou équipe ses parkings. Mais au-delà du coût d'acquisition, c'est la question de l'amortissement qui détermine réellement l'impact sur vos résultats imposables. Durée comptable, méthode de calcul, aides disponibles : ce guide couvre l'ensemble des paramètres à maîtriser pour piloter cet investissement avec précision.
L'essentiel
- Une borne de recharge est une immobilisation corporelle amortissable, à inscrire à l'actif du bilan dès lors que son coût dépasse 500 € HT.
- La durée d'amortissement comptable se situe généralement entre 5 et 10 ans, selon le type de borne et l'intensité d'usage.
- Les coûts immobilisables incluent la borne elle-même, la pose, les travaux électriques et la mise en service.
- Le mode d'amortissement (linéaire ou dégressif) et la durée retenue relèvent d'un choix stratégique à valider avec votre expert-comptable.
Qu'est-ce que l'amortissement d'une borne de recharge électrique ?
L'amortissement est le mécanisme comptable qui permet de répartir le coût d'un bien sur sa durée d'utilisation prévue, plutôt que de le déduire intégralement l'année de l'achat. Pour une entreprise assujettie à l'impôt sur les sociétés, chaque dotation annuelle aux amortissements constitue une charge déductible du bénéfice imposable. L'effet fiscal est donc direct : moins de résultat imposable, moins d'IS à payer.
Définition et principes comptables
Le principe repose sur la notion de durée normale d'utilisation : l'entreprise estime combien d'années le bien sera en service, puis répartit son coût sur cette période. Cette estimation doit être cohérente avec l'usage réel prévu, pas arbitrairement choisie pour maximiser la déduction fiscale à court terme.
Deux méthodes coexistent. En pratique, l’amortissement linéaire est le mode le plus couramment retenu : le coût immobilisé est réparti en parts égales sur la durée d’utilisation prévue. L’amortissement dégressif permet de constater des dotations plus importantes les premières années, mais il n’est applicable que si le bien concerné entre dans les catégories fiscalement admises. Pour une borne de recharge, son éventuelle application doit donc être confirmée par l’expert-comptable au regard de la nature exacte de l’équipement et de son affectation.
Le cadre légal repose sur les dispositions du Code général des impôts relatives aux amortissements admis en déduction pour les biens professionnels.
Borne de recharge : une immobilisation amortissable
Les bornes de recharge sont généralement comptabilisées comme des immobilisations corporelles, au même titre qu’un équipement technique destiné à servir durablement l’activité de l’entreprise.
Une tolérance fiscale permet de passer directement en charges certains petits matériels et outillages dont la valeur unitaire n’excède pas 500 € HT. Au-delà, un bien destiné à servir durablement l’activité a généralement vocation à être immobilisé et amorti. En pratique, une borne de recharge professionnelle, avec sa pose et sa mise en service, dépasse le plus souvent ce seuil.
Deux avantages distincts découlent de ce statut. Sur le plan comptable, l'amortissement reflète fidèlement la consommation économique du bien sur sa durée de vie. Sur le plan fiscal, les dotations annuelles réduisent l'assiette de l'impôt sur les sociétés année après année.
Quelle est la durée d'amortissement d'une borne de recharge ?
Il n'existe pas de durée unique imposée par la réglementation pour les bornes de recharge en entreprise. La fourchette généralement retenue se situe entre 5 et 10 ans, avec des variations selon plusieurs critères objectifs.
Durée d’amortissement à retenir selon l’usage de la borne
Le type de borne influe directement sur la durée retenue. Une borne en courant alternatif (AC), dont la puissance varie de 7 à 22 kW, est un équipement relativement simple avec peu de composants exposés à l'usure rapide. Une durée de 7 à 10 ans est cohérente avec son cycle de vie technique. Une borne en courant continu (DC), à charge rapide, intègre des convertisseurs de puissance plus complexes et s'expose à une obsolescence technologique plus rapide, ce qui justifie une durée plus courte.
L'intensité d'usage entre également en compte. Une borne installée sur un parking d'entreprise avec une flotte de véhicules en rotation quotidienne s'usera plus vite qu'une borne à usage ponctuel. L'environnement d'installation joue aussi : une borne en extérieur, exposée aux variations climatiques, subira une dégradation plus rapide qu'une installation en parking couvert.
Les travaux annexes méritent une attention particulière. Le câblage, l'armoire électrique, le génie civil et le raccordement peuvent être amortis séparément selon leur propre durée de vie technique, distincte de celle de la borne elle-même. Cette approche par composants permet d'affiner la comptabilisation et d'éviter de sous-estimer ou surestimer les charges annuelles.
Amortissements exceptionnels et mesures spéciales
Certains dispositifs permettent d'accélérer l'amortissement au-delà du rythme standard. Le principe du suramortissement ou de l'amortissement exceptionnel consiste à déduire une fraction majorée du coût d'acquisition lors des premières années, indépendamment de la durée de vie réelle du bien.
Ces mesures sont conditionnées à des textes spécifiques et évoluent régulièrement. Leur applicabilité aux bornes de recharge pour entreprise dépend du cadre législatif en vigueur à la date d'acquisition. La vérification avec un expert-comptable est indispensable avant de retenir ce type de traitement, car une application incorrecte expose à un redressement fiscal.
Comment calculer l'amortissement de votre borne de recharge ?
Le calcul suit une logique en trois étapes : déterminer le coût immobilisable, choisir la durée et la méthode, puis enregistrer la dotation annuelle.
Méthode de calcul linéaire
Pour une entreprise assujettie à la TVA, la base de calcul s'entend hors taxe. La formule de l'amortissement linéaire est simple :
Dotation annuelle = coût immobilisable HT ÷ durée d'amortissement retenue
Prenons un exemple concret. Une borne DC de recharge rapide, avec pose, raccordement électrique, paramétrage et mise en service, revient à 18 000 € HT. L’entreprise retient une durée d’amortissement de 5 ans, cohérente avec un équipement plus technique et soumis à une obsolescence plus rapide qu’une borne AC. La dotation annuelle s’établit alors à 3 600 €, déductible chaque année du résultat imposable. Sur la durée totale, l’entreprise aura déduit l’intégralité du coût d’acquisition immobilisé.
Si la borne est mise en service en cours d'exercice, la première annuité est réduite prorata temporis : une borne installée au 1er juillet ne génère que six mois de dotation la première année.
Comptabilisation et frais d'installation
Le coût immobilisable ne se limite pas au prix d’achat de la borne. Il peut inclure les dépenses directement attribuables à sa mise en état de fonctionner :
- prix d’achat de la borne ;
- frais de pose et d’installation ;
- travaux de câblage et de raccordement électrique ;
- équipements électriques nécessaires à l’installation ;
- travaux de génie civil directement liés à la mise en service ;
- mise en service, paramétrage et essais initiaux.
Selon leur nature et leur durée d’utilisation, certains éléments peuvent faire l’objet d’un suivi par composants ou d’un amortissement distinct.
En revanche, les frais d'entretien récurrents, les révisions périodiques et les réparations ponctuelles ne s'immobilisent pas. Ces charges d'exploitation se déduisent directement des résultats de l'exercice où elles sont engagées, sans passer par le mécanisme de l'amortissement.
Le traitement fiscal doit être rapproché des commentaires administratifs du BOFiP, notamment sur la distinction entre charges et immobilisations, les petits matériels, les règles d’amortissement et le traitement des subventions d’équipement. Le traitement comptable relève quant à lui du Plan comptable général et de l’analyse de l’expert-comptable.
Aides et déductions fiscales pour l'installation d'une borne en entreprise
Des dispositifs d'aide peuvent réduire le coût net de l'installation et, par conséquent, la base amortissable réelle. Les intégrer dans le calcul est essentiel pour obtenir une vision juste du retour sur investissement.
Prime Advenir et subventions publiques
En 2026, le programme Advenir ne constitue plus une aide générale pour les parkings d’entreprise. Les projets de points de recharge à destination des flottes ou des salariés ne sont plus pris en charge par Advenir depuis le 1er janvier 2023. Les primes dédiées aux professionnels des services de l’automobile ont, elles aussi, pris fin pour les nouvelles demandes depuis le 1er janvier 2026. Les aides Advenir encore mobilisables concernent des cas précis, comme le résidentiel collectif, certaines installations ouvertes au public, la voirie ou des dispositifs spécifiques, selon les barèmes en vigueur au moment du dépôt du dossier.
L’éligibilité dépend de la catégorie de prime concernée : usage privé, résidentiel collectif, ouverture au public, voirie, puissance installée, type de bénéficiaire ou encore calendrier de dépôt. L’accessibilité au public peut être un critère pour certains dispositifs, mais elle ne suffit pas à rendre une installation d’entreprise éligible.
Certaines collectivités peuvent proposer des aides complémentaires, mais leur disponibilité varie fortement selon les territoires, les enveloppes budgétaires, les dates de dépôt et le profil du bénéficiaire. Avant d’intégrer une aide régionale au plan de financement, l’entreprise doit vérifier directement les dispositifs ouverts auprès de la Région, de l’ADEME régionale, de la collectivité compétente ou de son installateur. À défaut de confirmation officielle récente, il est préférable de ne pas intégrer de montant précis dans le calcul d’amortissement.
CEE et crédit d’impôt
Les Certificats d’Économies d’Énergie peuvent financer certains projets via des programmes ou opérations éligibles, sous réserve de respecter les critères techniques, administratifs et calendaires applicables. Le programme Advenir est lui-même financé dans le cadre des CEE : il ne faut donc pas additionner automatiquement une prime Advenir et une prime CEE sans vérifier le montage retenu. Le montant mobilisable dépend du dispositif ouvert, du bénéficiaire, de l’usage de la borne et des justificatifs fournis.
Le crédit d’impôt pour l’acquisition et la pose d’un système de charge concernait les particuliers, sous conditions, pour des dépenses payées jusqu’au 31 décembre 2025. Il ne constitue donc pas un levier fiscal général pour les entreprises. Pour une société, le traitement repose principalement sur l’immobilisation, l’amortissement, la récupération éventuelle de TVA et les aides effectivement mobilisables selon le projet.
Impact sur la base amortissable
Les aides obtenues doivent être intégrées au calcul économique du projet, mais leur traitement comptable et fiscal dépend de leur nature : subvention d’équipement, prime versée par un programme, remise commerciale ou aide locale. Selon le cas, elles peuvent réduire le coût net de l’investissement ou faire l’objet d’un traitement spécifique. Une installation facturée 3 600 € HT avec une aide de 600 € présente un coût net économique de 3 000 €, mais le traitement comptable exact doit être validé avec l’expert-comptable.
Fiscalité et déductibilité de la borne de recharge
Au-delà du mécanisme comptable, la borne de recharge génère plusieurs effets fiscaux distincts selon le contexte d'installation et l'usage auquel elle est destinée.
Déductibilité fiscale pour les entreprises
La dotation aux amortissements annuelle constitue une charge déductible du bénéfice imposable. Pour une entreprise soumise à l'impôt sur les sociétés au taux standard, chaque euro de dotation réduit d'autant la base taxable. L'effet fiscal réel dépend du taux d'IS applicable et du résultat de l'entreprise.
La récupération de la TVA s'ajoute à cet avantage. Une entreprise assujettie récupère intégralement la TVA sur le prix d'achat de la borne, les frais d'installation et les contrats de location ou d'entretien. L'électricité consommée pour la recharge des véhicules de flotte ouvre également droit à récupération de TVA.
Différences selon le lieu d'installation (entreprise vs domicile collaborateur)
L’installation d’une borne sur le parking de l’entreprise peut servir à la flotte professionnelle, aux véhicules de fonction et, le cas échéant, aux véhicules personnels des salariés. Ce double usage n’empêche pas l’immobilisation de l’équipement, mais il impose de distinguer le traitement comptable de la borne, la refacturation éventuelle de l’électricité et les règles sociales applicables à l’avantage en nature.
Lorsqu’une entreprise prend en charge l’installation d’une borne au domicile d’un salarié, le traitement social dépend du sort de la borne à la fin du contrat de travail. Si la borne est retirée à la fin du contrat, la prise en charge de l’achat, de l’installation, de l’entretien et de la maintenance est exclue de l’assiette des cotisations sociales. Si la borne n’est pas retirée à la fin du contrat de travail, l’exclusion de l’assiette des cotisations est plafonnée selon les paramètres sociaux applicables : 50 % des dépenses réelles que le salarié aurait dû engager, dans la limite de 1 043,50 € pour une borne de 5 ans ou moins, ou 75 % des dépenses réelles dans la limite de 1 565,20 € lorsque la borne a plus de 5 ans. Pour les véhicules exclusivement électriques mis à disposition dans les conditions prévues par les textes, les frais d’électricité pris en charge par l’employeur ne sont pas retenus dans l’évaluation de l’avantage en nature.
Dans tous les cas, l'installateur doit être qualifié IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicule Électrique) : cette qualification est obligatoire pour toute installation professionnelle et conditionne l'accès à certaines aides.
Le rôle de votre expert-comptable dans l'amortissement
Les paramètres qui déterminent la durée d'amortissement, la méthode retenue et l'éligibilité aux dispositifs d'aide sont nombreux et interdépendants. Un choix mal calibré peut conduire à sous-optimiser la déduction fiscale ou, à l'inverse, à s'exposer à un redressement.
Accompagnement et optimisation fiscale
L'expert-comptable intervient à trois niveaux distincts. En amont, il aide à définir le coût immobilisable exact en distinguant ce qui relève de l'actif de ce qui relève des charges. Il détermine la durée d'amortissement cohérente avec l'usage réel et choisit la méthode la plus adaptée à la situation fiscale de l'entreprise.
Pendant la vie du bien, il enregistre les dotations annuelles, gère les éventuelles révisions de durée si les conditions d'usage changent, et traite les cas de cession ou de mise au rebut anticipée.
Sur le volet des aides, il vérifie l'éligibilité aux différents dispositifs et s'assure de la conformité documentaire pour les CEE. Cette vérification doit intervenir avant la signature des devis, car certains critères d'éligibilité conditionnent des choix techniques en amont de l'installation.
Pour évaluer correctement le coût réel d’une borne, l’entreprise doit donc raisonner sur le coût HT immobilisable, les aides réellement obtenues, la TVA récupérable, la durée d’amortissement retenue et les éventuels impacts sociaux lorsque la recharge concerne les salariés.
FAQ
Une borne de recharge pour voiture électrique est-elle déductible fiscalement pour une société ?
Oui, une borne de recharge acquise par une société pour les besoins de son activité peut être déductible fiscalement par le biais de l’amortissement. Elle est généralement inscrite à l’actif comme immobilisation corporelle, puis amortie sur sa durée d’utilisation prévue. La TVA sur l’achat et l’installation peut être récupérable pour une entreprise assujettie, dans les conditions de droit commun et selon l’usage réel de l’équipement.
Quel est le taux d'amortissement d'une borne électrique ?
En amortissement linéaire, le taux annuel se calcule en divisant 100 par la durée retenue. Pour une durée de 10 ans, le taux est de 10 % par an. Pour une durée de 5 ans, il est de 20 % par an. La fourchette standard pour une borne de recharge en entreprise se situe entre 5 et 10 ans, soit des taux compris entre 10 % et 20 %.
Quelle est la durée de vie réelle d'une borne de recharge ?
La durée de vie technique d'une borne de recharge dépend de son type, de son usage et de son environnement d'installation. Une borne AC en usage modéré peut fonctionner bien au-delà de 10 ans. Une borne DC à charge rapide, soumise à une utilisation intensive, présente une durée de vie plus courte et une obsolescence technologique plus rapide. La durée d'amortissement comptable n'est pas nécessairement alignée sur la durée de vie technique : elle reflète la période sur laquelle l'entreprise estime utiliser économiquement le bien.
Comment comptabiliser une borne de recharge électrique en tant qu'immobilisation ?
La borne et les frais directement nécessaires à sa mise en service peuvent être inscrits en immobilisation corporelle : achat de l’équipement, pose, raccordement, câblage, mise en service ou travaux directement liés à l’installation. Pour une entreprise assujettie récupérant la TVA, le coût immobilisé s’apprécie en principe hors taxe. Les dotations aux amortissements sont ensuite comptabilisées chaque année selon la durée d’utilisation retenue. Les frais d’entretien courant, de maintenance récurrente ou de réparation ponctuelle sont généralement comptabilisés en charges de l’exercice.
